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Comment surmonter la peur de la noirceur

Par : Frank McGinty

« Je ne sais plus à quel saint me vouer. Je ne sais plus quoi faire avec elle. »

Ce commentaire provient d'un parent non pas d'une adolescente au comportement difficile, mais d'une adolescente qui a encore peur de la noirceur. Et le problème empire, puisque cette peur a des répercussions également sur sa vie scolaire. Elle manque de confiance en elle et est exceptionnellement timide.  Les nouvelles expériences l'effraient aussi facilement. Un vrai cauchemar pour les parents !

Pourtant, les enfants ont très peu de peurs à la naissance. La peur de tomber et la peur des bruits forts sont les principales ; les autres sont acquises lorsqu'ils vieillissent.

Une conversation avec la mère a permis de découvrir que sa fille a « toujours eu peur de la noirceur ». La mère s'est cependant montrée moins disposée à parler de la façon dont elle et son mari ont abordé la situation. Apparemment, ils ont adopté l'attitude « Ignorons le problème et il disparaîtra ; ça lui passera avec le temps ». Après tout, ils ne vouaient pas que leur fille devienne une 'mauviette', une personne qui avait en tout temps besoin d'attention et d'aide.

Néanmoins, c'est exactement le genre d'enfant qu'ils ont élevé.

Si l'on ne tient pas compte d'une peur, cette peur risque de s'accroître, et l'aide d'un spécialiste peut alors être nécessaire. La jeune fille en question a obtenu de l'aide. Mais que peut-on faire pour s'assurer que les peurs de nos enfants n'escaladent pas de la sorte et qu'on leur évite une vie de misère ?

Mme Selma Fraiberg précise dans son livre The Magic Years que « La santé mentale future d'un enfant ne dépend pas de la présence ou de l'absence des ogres dans son imaginaire. Elle dépend plutôt de la solution de l'enfant au problème de l'ogre ».

Et la solution de l'enfant dépendra beaucoup de la solution de ses parents !

La colère, l'impatience, l'anxiété, les préoccupations sont des sentiments qui renforcent tous la peur.

Si l’on refoule une peur, on ne fait que l'enfouir pour mieux l'accentuer. Les peurs adorent la noirceur.

Le réconfort, la consolation, le calme, l'humour, la gentillesse, l'affection sont des sentiments qui aident tous à dissiper les peurs.

Mais de quoi l'enfant a-t-il peur au juste ? Et pourquoi les peurs se développent-elles vers l'âge de 2 ou 3 ans ?

À ce stade de son développement, l'enfant prend conscience que le monde n'est pas aussi sûr qu'il le croyait. Alors qu'il explore cette nouvelle grande aventure, et toutes les possibilités excitantes qui y sont rattachées, il apprend vite que l'univers ne gravite pas autour de lui et que les gens ne cèdent pas à ses moindres désirs. Voilà une réalité qui peut être blessante et effrayante à la fois.

L'enfant commence alors à s'inventer des peurs. Comme il apprend ce que sont la mort, la maladie, les blessures, la souffrance, son imagination traduit ces peurs en ogres et en monstres. Certains enfants sont plus sensibles que d'autres, et leur imagination est vraiment très fertile.

Involontairement, certains parents renforcent ces peurs en ayant recours aux personnages de contes populaires ou au langage imagé religieux comme moyen de contrôle.

« Sois gentil sinon le bonhomme sept heures te mangera. »

« Le diable viendra te chatouiller les orteils si tu n'es pas gentil. »

Ces tentatives de discipline ont l'effet inverse et fichent une peur bleue aux enfants !

Enseigner à l'enfant les dangers qu'il peut y avoir dans le monde est une chose, mais faire en sorte qu'il se tracasse au sujet de créatures diaboliques cachées dans le noir, prêts à surgir pour l'amener aux enfers en est une autre !

Quelles mesures pratiques peut-on prendre pour supprimer la peur de la noirceur une fois pour toute ?

D'abord, prenez toujours les peurs d'un enfant au sérieux. N'ignorez jamais un appel à l'aide.

Certains parents craignent que leur enfant devienne une mauviette s'ils cèdent à ses appels.

Comme l'illustre l'exemple cité plus haut, il n'y a rien de plus faux. Si les peurs sont refoulées, elles peuvent littéralement causer des dommages pour la vie.

Réconfort est le mot d'ordre. Comment s’y prendre ?

Supprimez ce qui suscite la peur. Il peut s'agir de l'absence d'une veilleuse dans la chambre, de bruits étranges provenant d'un vieux robinet ou système de chauffage ou encore de rideaux qui bougent dans le noir.

Amenez l'enfant à se détendre, puis, affrontez la peur avec lui. Montrez-lui qu'il n'y a rien sous le lit, ou allez à la fenêtre pour lui montrer que personne ne se trouve dans la cour.

Laissez-lui savoir qu'il est normal qu'un enfant de son âge ressente ces peurs qu'il s'agit simplement d'une réaction à ce qu'il a vu ou entendu durant la journée. Affirmez-lui de façon positive qu'aucun mal ne lui sera fait et qu'il est parfaitement en sécurité.

Puis, habituez-le à rester seul dans sa chambre en laissant une veilleuse allumée. Il est étonnant de voir combien de parents croient qu'une telle pratique « gâte » leurs enfants.

Sachez qu'au fil des années, j'ai observé les résultats concluants de cette pratique auprès d'enfants qui manquent de confiance en eux dans presque toutes les situations de leur vie et dont les peurs guident leur vie. 

Les peurs doivent être dissipées avant qu'elles n'aient le temps de s'installer profondément dans le subconscient de l'enfant et y prennent racine. Éliminez-les avant qu'elles ne fassent des ravages.

Une autre réserve qu'ont les parents est qu'une fois que les enfants se rendent compte qu'ils obtiennent de l'attention parce qu'ils ont peur dans le noir, ils exploiteront cette tactique. Nous devons d'abord nous demander pourquoi les enfants éprouvent le besoin de chercher de l'attention de façon excessive ? Est-ce parce qu'ils n'en reçoivent pas assez ou pour une autre raison ? Rechercher de l'attention est toujours un symptôme d'un besoin non comblé. Comblez le besoin, et le symptôme disparaîtra.

'Mais est-ce que ce faisant, je ne suscite pas chez mon enfant le besoin d'attention la nuit et est-ce qu'il ne tiendra pas à ce que je sois présente dans sa chambre, à ce qu'une veilleuse y soit allumée, à ce que la porte reste ouverte ou à ce que j'aille le voir aux cinq minutes pour le rassurer ?'

Voilà où la confiance entre en jeu. Les parents doivent être confiants qu'en rassurant constamment leurs enfants et en faisant en sorte qu'ils se sentent détendus et en sécurité, les ogres et les monstres seront bannis de leur imaginaire.

Et ils le seront. Une fois les peurs éliminées, tous les besoins de réconfort de l'enfant s'estomperont un à un. Certains enfants mettront plus de temps que d'autres à y parvenir, mais les peurs disparaîtront, et c'est ce qui importe pour que vos enfants soient heureux, satisfaits et confiants en leurs possibilités durant leur enfance, et par la suite, dans leur vie adulte.

Bonne chance dans l'éducation de vos enfants !

 

Au sujet de l'auteure

M. Frank McGinty est un enseignant et un auteur publié à l'échelle mondiale.

 

 

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