Que serais-je sans ma doula ?
Lorsque je suis finalement devenue enceinte de notre premier enfant, mon mari et moi avions déjà lu beaucoup sur les différents modes d'accouchement et avions déjà décidé de faire appel à une sage-femme au lieu d'un médecin. Nous croyons que la grossesse est un état d'être qui est sain et, à moins d'un pépin, nous préférons avoir recours à une sage-femme. De plus, comme les hôpitaux de notre région acceptent que les sages-femmes accouchent, j'estimais qu'il s'agissait de la façon la plus sûre pour nous d'accoucher. (Mais je crois maintenant que j'aurais pu accoucher à la maison... mais ça pourrait faire l'objet d'un tout autre article !).
Quand j'étais enceinte de quelques semaines, j'ai lu un article sur les doulas ; je n'avais jamais entendu parler d'une doula, alors je ne savais trop quoi en penser. Une doula est une femme qui accompagne la femme au moment d'une naissance. Elle est aussi appelée « accompagnante à la naissance ». En grec ancien, « doula » signifie « servante de femmes ». Une doula procure à la femme enceinte un soutien émotif constant, voit à son confort physique et l'encourage lors de l'accouchement. Elle félicite, rassure et explique ce qui se passe pendant le travail. Certains maris et conjoints qui estiment qu'il leur appartient d'accompagner leur femme pendant le travail et l'accouchement ne veulent pas initialement d'une doula. Par ailleurs, après la naissance, ils sont fort heureux et soulagés d'avoir fait appel à ses services. Une doula peut aider les maris ou conjoints en leur suggérant des façons d'aider leur femme pendant le travail. En réalité, elle aide les conjoints à se sentir utiles.
Voici des statistiques tirées d'études menées auprès de femmes qui ont été accompagnées par une doula pendant leur accouchement :
- Réduction de 50 % du nombre de césariennes
- Réduction de 25 % de la durée du travail
- Réduction de 60 % des demandes d'épidurale
- Réduction de 30 % de l'utilisation d'analgésiques
- Réduction de 40 % de l'utilisation des forceps durant l'accouchement
Extrait de Mothering the Mother: How a Doula Can Help You Have a Shorter, Easier and Healthier Birth par Marshall H. Klaus (Perseus Press, 1993)
Quand je me suis décidée à mi-chemin dans ma grossesse, nous avons décidé d'interviewer quelques accompagnantes pour voir si cette approche nous convenait. Nous avons rencontré trois doulas. Nous avons finalement choisi la première rencontrée, Jan. Nous l'avons aimée dès le départ et je voulais l'embaucher sur le champ, mais mon mari a insisté pour rencontrer aussi les deux autres au cas où l'une d'elles nous conviendrait davantage. (Comment était-ce possible ?, me suis-je demandé.) Eh bien, les deux autres doulas étaient aussi charmantes, mais nous avons tout de même opté pour Jan. Nous l'avons donc embauchée.
Il fallait lui remettre un dépôt de 100 $ pour confirmer son embauche, et signer une entente. Comment décrire cette femme merveilleuse ? Elle est très grande et très sûre d'elle. Elle est calme, bien renseignée et avenante ; elle ne parle pas beaucoup, mais quand elle parle, sa pensée est très claire. Autrement dit, elle n'est pas « volubile », mais pas timide non plus. Elle a un sourire attachant, elle est discrète et elle est forte. Je sentais qu'elle pouvait me prendre dans ses bras et prendre soin de moi !
Jan nous a rendu visite plusieurs semaines avant ma date d'accouchement pour nous donner quelques cours prénataux, à James et à moi. Comme elle est également une conseillère en lactation, elle a pu répondre à mes questions sur l'allaitement maternel et à mes questions sur le travail et l'accouchement.
Mon travail a commencé trois jours avant la date d'accouchement prévue, soit le 13 août 2001. Il était environ minuit et j'allais me mettre au lit quand j'ai senti (ou entendu ?) un puissant POP ! Puis un autre. Et un liquide chaud a coulé le long de mes jambes. Mes eaux avaient rompu. Hourra ! J'allais enfin accoucher.
Les contractions ont débuté immédiatement, et James m'a massé les cuisses pendant que j'étais étendue sur le lit. Comme les contractions étaient de plus en plus rapprochées, soit aux 5 minutes, James a appelé notre accompagnante Jan vers 5 heures du matin. Puis, elles sont devenues très intenses et, quand Jan est arrivée, je vomissais dans un seau placé sur le lit.
Jan a laissé tomber le ballon de naissance qu'elle transportait, est montée sur le lit, a saisi ma main, m'a regardée droit dans les yeux et m'a dit : « Je veux que tu respires comme ceci. ». Le temps de le dire, elle m'avait calmée et je respirais correctement. Elle a été merveilleuse. Je suis passée d'un état de pure panique à une sensation de bien-être absolu.
À son arrivée à 7 heures du matin, ma sage-femme a constaté que j'étais dilatée à environ 3 centimètres. Quelle déception ! Mais Jan m'a encouragé en me disant que je travaillais très fort et que j'allais bien, et que mon corps allait ressentir seulement la douleur que je pouvais supporter. Elle a aidé James à m'aider en le conseillant et il a senti que notre doula s'occupait aussi de lui.
Ce n'est qu'environ une heure plus tard que Jan a remarqué que ma respiration avait changé ; elle a alors appelé notre sage-femme qui remplissait des documents dans une autre pièce. Notre sage-femme ne croyait pas que je pouvais avoir progressé aussi rapidement, mais Jan a tenu son bout et lui a dit : « On dirait vraiment qu'elle essaie de pousser.». La sage-femme m'a donc examinée de nouveau (les doulas n'accomplissent pas de tâches médicales) et voilà que j'étais dilatée à environ 7 cm ! Le travail progressait rapidement. Soudainement, tous se sont affairés autour de moi et ont commencé à rassembler tous mes effets pour l'hôpital. N'eut été de Jan, je ne crois vraiment pas que nous serions arrivés à temps.
Pendant que James conduisait, Jan était assise près de moi sur la banquette arrière et me tenait la main, me parlait, m'encourageait et me calmait. Elle a été vraiment merveilleuse ! Elle ne m'a jamais quittée après notre arrivée à l'hôpital. James a dû remplir les formulaires et garer la voiture, mais Jan est restée à mes côtés.
J'avais tellement confiance en elle que je lui ai tenu la main d'une façon particulière à chacune de mes contractions. C'était très drôle ! Dès qu'une contraction commençait, je m'écriais « Main, main, main ! », et Jan accourait et me prenait la main. J'ignore pourquoi, mais seule la main de Jan pouvait me réconforter.
Elle m'a aussi aidé pour me rendre aux toilettes, m'a apporté de l'eau à boire et un linge mouillé pour mon front (sans que je le lui demande) et a remué des papiers-mouchoirs imbibés d'huile d'aromathérapie dans la pièce. Je n'arrivais pas à communiquer ce que je voulais ou ce dont j'avais besoin, mais Jan semblait toujours connaître mes besoins... heureusement. Elle a suggéré différentes positions de travail et m'a aidée pendant l'accouchement en suggérant des positions pour pousser. J'ai poussé pendant seulement une heure, puis notre merveilleuse petite Hana est née. (Hana signifie « fleur » en japonais). Jan est demeurée avec moi pendant qu'on a sorti mon placenta (James était à l'autre bout de la pièce avec Hana) et m'a aussi aidée à tenter d'allaiter notre fille immédiatement. Elle est restée environ 4 heures après la naissance de Hana et m'a aidée à prendre une douche et m'a donné plein de conseils sur l'allaitement maternel.
Quoi dire de plus sur ma doula, sauf qu'elle a transformé mon accouchement en expérience fantastique. Je suis l'une de ces personnes qui peuvent honnêtement affirmer que l'accouchement (deux fois !) est merveilleux et que je veux revivre l'expérience ! Quand nous avons appris que j'étais encore enceinte, je ne pouvais imaginer accoucher sans Jan. Pour notre deuxième bébé, le travail et l'accouchement ont été bien plus faciles, mais je suis tout de même reconnaissante envers Jan puisqu'elle m'a permis encore une fois de vivre une expérience extraordinaire. Il ne fait aucun doute qu'un soutien continu pendant le travail procure de nombreux bienfaits et je suis une des femmes « chanceuses » (ou « bien préparées » parce que j'ai embauché une doula ?) qui peuvent pleinement vivre l'accouchement sans médicaments ni intervention. Mon accouchement s'est bien déroulé et mon bébé est en santé grâce à une doula qui nous a accompagnés jusqu'à la fin.
Pour obtenir un complément d'information ou pour savoir comment trouver une doula dans votre ville, allez à www.dona.org, le site Web des doulas d'Amérique du Nord.
Je vous souhaite le meilleur des succès lors de votre accouchement !
Au sujet de l'auteure
Mme Suzanne Doyle-Ingram est mère de deux filles,
Hana et Alexa, et est mariée à son meilleur ami James, un papa à la maison et
concepteur de jeux éducatifs (et spécialiste du poulet grillé !). Suzanne a
également créé le site Web www.pregnancy-leads-to-new-babies.com,
un site destiné aux femmes enceintes et aux nouvelles mères, qui renseigne sur
la grossesse, l'accouchement et les soins à donner aux nouveaux-nés. En
famille, Suzanne, James et leurs filles aiment faire voler des cerfs-volants,
nager dans la mer et essayer de nouveaux restaurants. Visitez son site Web à www.pregnancy-leads-to-new-babies.compour
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Source de l'article : ArticleDepot.net












